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Werner Alfred Waldemar von Janowski : l’espion de New Carlisle

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L’exposition permanente du Centre culturel et d’interprétation Kempffer aborde un pan important de l’histoire des Néo-carlinois, soit celle du passé militaire et des anciens combattants. À travers plusieurs artefacts des Première et Deuxième guerres mondiales ayant appartenu aux anciens combattants de New Carlisle, le Centre culturel et d’interprétation Kempffer rend hommage au courage des vétérans d’ici.

Notre exposition aborde notamment une histoire ayant fortement marqué la mémoire collective de la municipalité, celle de l’espion allemand Werner Alfred Waldemar von Janowski, qui a débarqué à New Carlisle en pleine Deuxième Guerre mondiale. Faute d’artefacts, ce sont principalement les documents d’archives et les témoignages oraux des acteurs de cet évènement qui ont rendu possible l’élaboration de cette partie de l’exposition.

Le paisible village de New Carlisle n’aura jamais été si près d’un conflit mondial qu’un matin de novembre de l’année 1942. Werner Alfred Waldemar von Janowski, un lieutenant de la flotte allemande dont le nom de code était « Bobbi », débarqua du navire de guerre U-518 sur une plage à 4 miles (6km½) de New Carlisle, vers 5h le matin du 9 novembre 1942. Ayant un accès privilégié à la côte canadienne par la Baie des Chaleurs, l’espion allemand devait se rendre à New Carlisle afin de se rafraîchir en attendant de prendre le premier train pour Montréal.

À 6h30 du matin, Janowski se présenta sous le nom de William Brenton à l’hôtel New Carlisle et demanda une chambre avec un bain. Selon le témoignage de Earle Annett Jr., le fils du propriétaire de l’hôtel, l’étranger semblait préoccupé. Rapidement, M. Annett décela des incohérences dans le discours de l’étranger. L’homme âgé d’une trentaine d’années affirmait avoir pris l’autobus le matin même avant de se rendre à pied à l’hôtel. Or, l’autobus ne passait pas à New Carlisle ce matin là. De plus, si cela avait été le cas, il n’aurait pas marché jusqu’à l’hôtel, mais aurait été conduit par l’autocar. Earle Annett Jr. comprit rapidement que l’étranger mentait. Selon ce dernier, l’étranger parlait anglais avec un accent parisien, ses vêtements empruntaient une coupe européenne et lorsqu’il paya ses cigarettes, il tendit un vieux billet d’un dollar canadien qui n’était plus en circulation depuis des années. Le jeune Annett remarqua aussi une odeur spéciale émanant des vêtements de Janowski. De plus, il laissa traîner une boîte d’allumettes belges qui ne portaient pas le sceau que le gouvernement canadien apposait sur toutes les boîtes d’allumettes à cette époque.

Moins de trois heures après son arrivée, avant même que le jeune Annett puisse confirmer ses doutes, l’étranger acquitta ses factures, reprit ses valises et repartit s’asseoir à la gare pour prendre un café en attendant le prochain train. Le jeune Annett le suivit, alla s’asseoir avec lui et lui offrit des cigarettes, sans toutefois lui offrir le feu pour les allumer. Il observa ensuite l’étranger utiliser les mêmes allumettes belges qu’il avait laissées à l’hôtel.

Ses doutes étant de plus en plus grands, Earle Annett Jr. décida donc d’alerter le constable Alfonse Duchesneau de la police provinciale du Québec. Ce dernier embarqua en vitesse dans un wagon alors que le train quittait la gare et partit à la recherche de l’étranger avec la description que lui avait fait le jeune Annett. Quand il aborda l’étranger dans le train, celui-ci lui répliqua qu’il répondait du nom de William Brenton et qu’il était un vendeur de radio de Toronto. Il garda cette version jusqu’à ce que Duchesneau lui demande de fouiller ses bagages. À cet instant, Janowski avoua tout. Il aurait dit à Duchesneau : « Ça ne sera pas nécessaire. Je suis un officier allemand qui sert son pays comme vous le faites vous-même ».

Janowski fut d’abord emprisonné dans l’ancienne prison de New Carlisle pour ensuite être transféré à Montréal, où il fut interrogé sur ses activités et où il aurait collaboré à l’arrestation de plusieurs autres espions allemands au Canada pendant quelque mois. Il avoua notamment avoir eu l’intention de se rendre à Montréal afin de contacter, entre autres, Adrien Arcand, chef du Parti national social chrétien. Enfin, il fut envoyé en Angleterre où il assista les services secrets britanniques jusqu’à la fin de la guerre.

Commentaires

Bonjour Sophie, avez vous le

Bonjour Sophie, avez vous le nom de la dame Loubert qui était une employée de cette hôtel et qui a participé à démasquer l'espion?

Michel Lussier